Œuvres Libres non logicielles

Je suis heureux de me joindre avec vous aujourd’hui dans ce qui sera dans l’histoire comme la plus grande manifestation pour la liberté dans notre histoire… [1]

(Cet auteur-là n’était pas libre juridiquement, il l’était dans sa tête, dans son corps !)

Œuvres libres ?

Je ne comprends pas pourquoi on se bat tant pour savoir en quoi la terminologie employée, et dérivative, au code source logiciel ne répond pas “officine structurelle” pour ce que l’on appelle l’art…

Le Copyleft est une façon de rendre un programme ou tout autre œuvre libre, et qui requiert que toutes les versions modifiées et étendues du programme soient libres également. Copyleft !

Une façon de rendre un programme ou toute œuvre… (toute oeuvre !).

C’est pourquoi d’ailleurs, il est possible d’appliquer juridiquement la GNU/GPL à l’art !

Peut-être parce que le conscient d’artistes (imbus de soi, de leur dimension d’artiste ?) n’acceptent pas qu’on “compare” leur tant estimé art à un vulgaire code source !

Si je ne m’abuse pas, que ce soit de l’art, ou du code source, ne sont-ce pas tous deux le fruit cérébral d’une propriété intellectuelle ?

Un code source est une création de l’esprit…
l’art est-il à ce point plus ?!

On reconnaît un artiste à la façon dont il crée ses œuvres…
On reconnaît aussi un codeur à la façon dont il programme !

Alors, toute cette bataille n’est en fait ni plus ni moins le fruit, ou le vecteur d’intérêts intellectuels et de valorisation de ceux-ci, et non l’absence de définition juridique.

Autrement dit, je ne veux pas que l’on considère ma serviette sous la même auspice de ce torchon… nous n’avons pas les mêmes valeurs !
Si ces valeurs sont différentes, elles ne peuvent être assujettis aux mêmes règles juridiques et mêmes jugements et autres appréciations…

Richard Stallman a appliqué, expliqué 4 libertés fondamentales pour faire d’une œuvre libre, une œuvre gauche d’auteur (dont le précis laissait le libre arbitre à une commercialisation, ou une remise gracieuse).

L’OSI - Open Source Initiative - a permis de définir d’autres licences libres (dont certaines acceptent d’être - que l’œuvre soit - englobées dans une forme propriétaire).

Certaines licences empêchent ce diffus… économique, soit !
(Elles ne sont pas libre juridiquement, c’est un fait !
Point barre à la ligne.)

Après quel que soit l’objet promu sous une licence libre, “gauche d’auteur” ou non, est une œuvre libre…

Si la licence juridique restreint une des libertés fondamentales, et que nous placions une “création” sous cette licence, elle ne peut être en aucun cas libre, selon l’esprit philosophique, et juridique des licences libres…

Ensuite, s’il faut flatter l’ego *(sur-)*dimensionné d’auteurs, en leur donnant l’illusion, le goût de la liberté, appelons donc ces autres licences qui copient le phénomène libre, de licences de libre diffusion…

Mais, ne nous leurrons pas, elles n’ont ni la saveur, ni le “sucre” des licences libres, copyleft ou non !

Cela ne fera donc pas de ces œuvres de l’esprit, des créatures libres pour autant !

Il n’y a pas à statuer sur l’objet, le statut “libre” est juridique ou n’est pas !
L’objet est ou n’est pas libre, si et seulement si, son propos licencié l’est !

C’est ce point là qu’il nous faut comprendre et assimiler…
C’est ce point là qu’il nous faut faire comprendre et assimiler…

Et, n’engager aucune “bataille” hors de cette dimension, qui n’aurait que pour malheur de frustrer les uns ou les autres.

Réellement libres ?

Autre point, concernant l’Ego que l’on pourrait attacher à “notre licence” qu’est la LAL : à ce -jour, même elle, qui pourtant se réclame de la GNU/GPL, et qui est souvent présenté ainsi, comme la “digne descendante” appliqué à l’art, est incompatible avec… la GNU/GPL. (au même titre que ces deux autres consœurs, elles aussi “Licence Libre gauche d’auteur”, que sont la Licence Design Science, et la CC-BY-SA 2.0)

Nos ego disparates, différents, ont fait que nous nous sommes profondément divisés en veillant à créer et garder nos particularismes égocentristes, et à faire malheureusement en sorte que même des licences libres (de même catégorie : ici Copyleft) se retrouvent à être des freins créatifs, là où les buts avoués étaient justement d’être des libérateurs, d’être des stimulateurs coronariens, des poumons régénérés à l’air libre.

Résultat : on s’enferme dans nos ghettos, et nous nous congratulons, flattons d’avoir pu intéressé et “converti” untel à la licence, au lieu d’avoir réellement libéré l’art, la culture, la science… en ayant agit de concert pour que quelque soit la licence libre Copyleft, la stimulation n’est vraiment aucun frein !

Alors, si nous ne sommes pas capables de nous ouvrir aux autres licences défendant le même créneau juridique, ayant les mêmes valeurs, préceptes philosophiques et légistes, ne faut-il pas s’étonner de ces autres “combats” que sont ces définitions “d’œuvres libres” ou non ?!

Conclusion ?

Querelles de l’esprit, quand tu nous tiens…

J’ai un rêve qu’un jour cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de sa croyance…
J’ai un rêve un jour (…) un désert étouffant d’injustice et d’oppression sera transformé en un oasis de liberté et de justice.
J’ai un rêve que mes (…) enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés (…) par le contenu de leur caractère.
J’ai un rêve aujourd’hui."
Quand nous laisserons retentir la liberté, (…) nous ferons approcher ce jour quand tous (…) pourront se prendre par la main et chanter (…) : “Enfin libres ! Enfin libres ! (…) merci, nous sommes enfin libres !” [1]

Mon rêve aujourd’hui, (et aujourd’hui pour moi n’a aucunement raison de finir, puisqu’hier c’était aujourd’hui, et demain sera aujourd’hui) est que nous trouvions le moyen de nous “prendre par la main”, d’abattre ces petites frontières juridiques…

Mon rêve aujourd’hui est que le Mouvement du Libre soit réellement libérateur, ayant un esprit, une philosophie, une réelle construction créatrice.

Mon rêve aujourd’hui est que demain, d’autres se joignent à nous, et puissent avoir le choix du concept, le choix de créer, et que nul ne se sente étouffé juridiquement, dans cette lancée conceptrice.

Mon rêve aujourd’hui est de pouvoir créer (de manière “gauche d’auteur, soit !), est de libérer réellement mon acte à l’autre (copyleft, tout autant !)

Alors, nous serons libres !
Enfin libres !

Hommage et conventions

[1] Pour ceux qui n’auraient pas reconnu ces paroles, ce sont les légendaires paroles du Pasteur Martin Luther King… paroles qui, si je ne me trompe pas, ne sont même pas libre de diffusion !
Juste un droit de citation…

PS : Le propos de cet article n’a aucunement pour but de statuer sur les licences libres de diffusion, de leur enlever tout crédit ; la démarche des licences libres de diffusion est louable, et n’a pas à être “salie”.

Clarifions simplement la place de nos ego, de nos souhaits et la dimension réelle, juridique, et philosophique des multi-approches libristes…
Ne nous trompons pas de combats, ni de bannières !

PS 2 : Ce rêve s’est en partie accompli, puisque par exemple, la version 1.3 de la Licence Art Libre, et la version CC-By-SA 4.0 sont compatibles juridiquement… en octobre 2014 ; et ce n’est qu’un exemple qui sera certainement suivi pour mieux se rejoindre ?!

http://artlibre.org/compatibilite-creative-commons-bysa-licence-art-libre/


EsteBaN H.
Le 21 août 2005


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