Du Libre et du Copyleft

Il y a apparemment un vent de confusion qui est semé au-travers de nos contemporains auteurs, et artistes, au sein de la “querelle de clochers” sur le propos des licences Libres et celles qui ne le sont pas, du propos de la LAL ou des CC.

Le propos

À force de discourir sur ce qu’est une Licence Libre ou non, on voit pointer un courant d’idée dans certains commentaires affirmant que Libre et Copyleft sont deux choses bel et bien distinctes !

J’ai bien peur que nous ayons affaire à une désinformation en bonne et due forme ; de la même désinformation qui affirme que le Libre se doit d’être gratuit, sinon cela n’en est pas !*

FSF, au secours !

Revoyons nos classiques, allons à la source de là où tout ce Libre a juridiquement été conçu ; et qu’en est-il ?

RMS, alias Richard M. Stallman, au sein de la fameuse FSF, explique lui-même ce qu’est le Libre et ce qu’est le Copyleft :

Quand il est temps de défendre la liberté d’autrui, ne pas résister et laisser faire est un acte de faiblesse, non d’humilité

RMS en inventant le précepte des licences juridiques GNU, dites Libres, a tout autant inventé le concept de Copyleft.

Si les licences libres existent pour protéger juridiquement tel logiciel, ou telle bibliothèque logicielle, telle autre documentation, etc., le Copyleft est l’acte d’intention, la déclaration de fait, celle de protéger son œuvre juridiquement par une licence GNU ou l’autre, selon sa spécificité, et ce par conviction intime du bien fondé de cette action.

Les licences libres GNU sont à la lettre (la Loi) ce qu’est le Copyleft est à l’acte (l’application).

Le Libre et le Copyleft sont absolument indissociables !

Du Copyleft à la Copyleft Attitude

Ainsi, le Copyleft est l’acte, la manifestation physique du Mouvement et de la philosophie du Libre.

Se pose la question d’appliquer le Copyleft à de l’information de type non logiciel, tout en nous rappelant que RMS est l’auteur du concept Copyleft, Michael Stuz nous montre comment appliquer le propre de la licence GNU/GPL à tout œuvre non informatique, puisque comme il le rappelle :

La GNU/GPL déclare qu’elle « s’applique à tout programme ou toute œuvre contenant une notice placée par le possesseur du copyright précisant qu’il peut être distribué, selon les termes de cette ‘Licence publique générale’. »

Ainsi, le Copyleft est cette ferme déclaration d’intention de protéger juridiquement toute œuvre, informatisée ou non, et d’affirmer ces 4 libertés fondamentales que sont la diffusion, la modification, la reproduction, tout en stipulant la propriété et l’identité de l’auteur et en obligeant de reverser sous ces mêmes conditions tout travail dérivé.

Déclaration d’intention qui s’accompagne de l’acte protecteur… une conviction, un acte

Mais si la GNU/GPL est l’aspect juridique qui permet de protéger par l’acte Copyleft toute œuvre informatisée ou non, pourquoi l’existence des autres licences GNU ?

Certainement pour mieux cibler et répondre spécifiquement à une autre forme d’intention. Le Copyleft ainsi se vectorise.

Et, c’est là qu’intervient le coup de génie d’Antoine Moreau, récupérer la notion de Copyleft dans un acte fondateur, fondamentaliste, l’acte de déposer une œuvre sous la licence Art Libre… c’est la “Copyleft Attitude”.

Acte reconnu dans le concept juridique par la FSF, en écrivant que :

C’est une licence libre avec gauche d’auteur faite pour les œuvres artistiques. Elle autorise la distribution commerciale, tout en précisant qu’une œuvre de plus grande taille qui inclurait l’œuvre soumise à la licence doit être elle-même libre.

Donc l’acte de protéger une œuvre sous la Licence Art Libre est un acte Copyleft, à ne pas en douter…

Ce qui l’est aussi de protéger juridiquement sous … licence CC-BY-SA.
(La licence CC-By est reconnu comme étant libre non gauche d’auteur par la FSF).

Pas convaincu, (re)lisez donc la Liste des licences avec commentaires !

Conclusion

Rassurez-vous, comprenez-le bien : ce qui est Copyleft est forcément Libre,
ce sont une et une seule et même chose !

A contrario, une œuvre peut être Libre et non-copyleft !
(cf : la licence CC by, les licences Open Sources de style BSD, etc.)

L’idée à retenir est :

  • Tout ce qui est Libre n’est pas forcément Copyleft (en français : gauche d’auteur),
  • Tout ce qui est Copyleft est assurément Libre

Après, il existe différentes licences libres pour protéger juridiquement l’acte Copyleft créateur, qu’il soit informatique, d’écrit, artistique, ou autre…

le propos au-travers de l’acte Copyleft est de fournir ces quatre libertés fondamentales.


EsteBaN H.
Le 18 avril 2005


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