Ceux Qui Comptent

Ceux qui comptent est un instant de vie. Et il y a ce qui compte. Dans une vie, la sienne, la mienne, la vôtre, la nôtre. Et ce que ça compte…

Ceux qui comptent sont au nombre de ceux qui sont là, qui vivent vos côtés, vos joies et surtout vos déchéances, car ces jours-là, ceux qui compte sont là, restent là. Ils vivent vos peines, vos souffrances, voient… ce qui compte.

Il ne reste pas grand monde. Un mari, une femme, un père, une mère… et peut-être un(e) enfant. Ils ne sont pas présents tout le temps, ils sont présents. Il y a les amis, ceux qui déclament vous aimer, ces apôtres de l’amour, qui pieusement vous regarde juste le temps d’une seconde et vous oublie. Qui ne vivent pas, ne comprennent même pas vos douleurs, vous abandonnent parce que… bonne question, pourquoi. Qui vous demande au détour d’une vision comment tu vas, et ne compte même pas attendre la réponse véritable, celle qui compte.

La maladie fait peur, mais encore plus les à-côtés, le cadre bancale, de fait toujours pas droit parce que mal équilibré. Ceux qui devraient compter au final ne compte plus.
Et j’oublie les parents qui vous abandonnent. Parce que vous comprennez, vivre avec sa violence, ça ne doit pas compter, ça ne doit plus compter. Il y a ceux qui comptent… vos erreurs ; et ceux qui comptent sur vos erreurs pour démonter qu’au bout du compte, ton compte est bon. Ton conte est laid. Et puis l’insupportable jeu de raison, mais pourquoi il est si méchant, aujourd’hui, pourquoi il tacle si régulièrement. Pourquoi, pourquoi, pourquoi…
Au bout du compte, tu ne comptes plus.

T’es tu mis ne serait qu’un instant, plus d’une seconde, voire d’une minute à faire preuve d’empathie, essayer à vivre, comprendre que ce qui compte n’est plus vivre, mais survivre à l’instant ; l’instant où la douleur continue, régulière, métronome, compte remplir quotidiennement ta vie. La douleur qui entête, qui perturbe, qui maîtrise tes émotions, te les arrache et les jete aux 4 coins de ton univers, celui qui compte, mais pour lequel tu n’as plus d’instant, l’épuisement, la faiblesse, l’empalement de ta vie tout le temps !

C’est tellement plus facile de se chercher des excuses, croire que ce malade est fondamentalement méchant, le déclarer manipulateur, mauvais parce que ainsi tu excuses ta morale, tes scrupules, et ton absence. Il n’a pas d’excuses.
Il devrait être plus facile de chercher des excuses, car ce malade n’est pas méchant, ce malade tient à toi, ne t’en veut pas. Ce malade n’est pas un pervers de la vie. Ce malade ne s’excuse même plus, car il n’y a pas d’excuses. Ce malade… est malade tout le temps.

Oui, mais c’est lourd à supporter !
Mais que crois-tu, que la maladie est légère, belle à vivre, qu’elle remplit agréablement tes pensées, qu’elle te pulse à l’hallali, ivre de tes bonheurs… à la bonne heure, et aux bons heurts, la maladie est lourde à porter… continuellement, tout le temps. La trêve ne connaît pas ; le rêve ne compte pas. La réalité est ce qui compte… impérativement !

La douleur entête, la douleur en tête, des jours, des heures, des minutes et des secondes. Les soins réguliers n’aident pas, sont des emplâtres, des leurres de bonne conscience professionnelle. Tu vomis ton quotidien, car les médicaments te font vomir, tu n’as plus envie de manger, car vomir compte plus que se nourir. Vomir s’impose à toi, les nausées qui t’insupportent s’impose à toi, les toilettes s’imposent à toi. Tu n’as même plus envie de te laver, d’être respectable, propre sur toi. Le regard de l’autre, tu l’oublies car il ne compte plus. Tu n’as pas le temps de lui laisser le compte ; il compte à rebours. C’est ta vie. Elle compte… au moins pour toi.

Tu n’as pas envie de mourir ; ta vie te vomit. Tu ne désires pas mourir, mais la vie n’est pas désirable. Il y a bien de petites choses qui comptent, et heureusement… elles permettent de se rendre compte combien, malgré la situation, cette vie, la tienne, la mienne, compte.
Elle compte ces petites beautés, instant complice d’un jour, qui compte présent à ton cœur. Elle compte ces jours qui s’accumulent ; elles comptent ces jours qui restent. Elle aimerait avoir le décompte de ceux qui restent… à vivre si terriblement.

Toi, tu as décidé de rester près de moi. Tu vies mes pleurs. Tu vois mes handicaps, ma faiblesse, l’absence inéluctable de ceux qui sont censés compter, mais que tu ne peux plus compter, car ils ceux trop nombreux à ne plus compter. Ils sont allés conter ailleurs. Il en reste UN qui compte par-dessus tout, oserais-je dire pardessus, car Il compte plus que tout. Il ne fait pas le compte de mes erreurs. Il compte cher à mon cœur, Il sait. Il sait les absences, les miennes, les autres et m’aide à tenir compte de ce qui compte vraiment.

Je compte apprécier ce qui compte vraiment même si je n’ai plus la force, la présence. La souffrance est un voile, une fumée ténébreuse qui compte bien terrasser l’être.
Je compte apprécier ceux qui comptent véritablement, le démontrent. L’absence est une réalité, un vide absolu qui compte bien démontrer la vacuité de l’être.
Il y a ce qui compte… et ceux qui compte.

Merci, d’être cette ancre, ce rocher… c’est tout ce qui compte.


EsteBaN H. 05 Novembre 2026 - 14:30